DAF #6
Forecast
Guillaume Aubry
du 27 mai au 8 juillet 2011
Vernissage le 27 mai à 19h

Le terme anglais forecast renvoie à la prévision (météo par exemple) mais également à la prédiction ou au pronostic (économique, médical...). Il s'agit donc d'essayer d'envisager au mieux des phénomènes aléatoires et/ou difficilement prévisibles en utilisant des technologies scientifiques avancées.

Pour ce DAF #6, l'artiste et architecte Guillaume AUBRY propose un dispositif de théâtralisation de la halle industrielle, en la transformant en plateau de théâtre et de cinéma ajoutant à l'espace une fiction potentielle. Ce projet a en partie été réalisé lors de sa précédente résidence en Allemagne, à Leipzig.

En mettant en place un « fond bleu » (utilisé pour les incrustations vidéo) comme fond de scène l'artiste intègre le visiteur à son insu dans la narration. L'éclairage puissant et systématique ainsi que la fumée artificielle renforcent le dispositif.

A l'avant de cette installation, en entrant dans l'espace d'exposition, un escabeau est détourné et utilisé comme un dispositif à spectateur unique : un livre sur la peinture romantique allemande est positionné au sommet, éclairée par deux liseuses, en vis-à-vis de l'écran bleu. Certaines représentations de tableaux sont repérées par des marques-page comme autant de fonds de scène et de narrations possibles. La peinture romantique allemande prend souvent comme sujet les espaces naturels tourmentés par le temps et les saisons (tempête, neige...). Du haut de l'escabeau, en surplomb de l'espace, le visiteur devient le spectateur exclusif de la scène, omniscient et autoritaire.

En parallèle de cette installation, deux caissons lumineux présentent deux pièces. La première est une carte de la région de Leipzig datant de 1971 dans laquelle l'artiste a prélevé un carré de papier pour fabriquer un lion en origami. Passage du plan au volume, cette transformation change l'échelle de la carte qui devient le territoire de l'animal (le lion étant par ailleurs le symbole de la ville de Leipzig). La seconde est une maquette abstraite d'un lieu d'exposition, parodie d'un white cube, à l'intérieur duquel des images collectées lors de la résidence sont accrochées en nuage, renvoyant aux idiomes et à l'esthétique de l'art contemporain allemand.

En déployant des potentiels narratifs à l’échelle d’un lieu, forme d’activation et de désactivation reliée à l’espace et à ses contraintes d’occupation, Guillaume Aubry réalise une production en marge de l’œuvre elle-même, affiliée au processus et à la temporalité d’un « scénario prédéfini dont le visiteur ne sait pas trop si le spectacle a déjà eu lieu ou s’il n’a pas encore commencé ».

Site internet de Guillaume Aubry